Le Viager comporte des termes juridiques parfois techniques. Ce lexique a pour objectif de vous aider à comprendre clairement chaque notion, sans jargon inutile.
L’aléa est un élément fondamental du viager. Il correspond à l’incertitude liée à la durée de vie du vendeur. Dans un viager, la durée de versement de la rente n’est pas connue à l’avance.
C’est cette incertitude qui rend le contrat juridiquement valable.
Sans aléa, il ne peut pas y avoir de viager.
En viager, le barème désigne les tables utilisées pour déterminer l’espérance de vie statistique du vendeur. Ces tables (issues notamment de données INSEE ou tables actuarielles) permettent d’estimer la durée probable de versement de la rente.
Le barème ne prédit pas la durée de vie réelle d’une personne. Il sert uniquement de base de calcul pour structurer un montage équilibré.
Le bouquet est la somme versée comptant à la signature de l’acte authentique. Il constitue une partie du prix de vente. Le reste est versé sous forme de rente viagère ou d’échéances dans le cadre d’une vente à terme.
Son montant est défini en fonction :
de la valeur du bien
de l’âge du vendeur
du montage choisi.
La clause résolutoire est une disposition insérée dans l’acte notarié. Elle protège le vendeur en cas de non-paiement de la rente.
Si l’acquéreur cesse de payer, le vendeur peut engager une procédure pour faire annuler la vente. Dans ce cas, le bien peut être récupéré et les sommes déjà perçues restent en principe acquises au vendeur à titre d’indemnisation.
C’est un mécanisme de sécurité essentiel en viager.
Le terme « comptant » désigne la somme versée immédiatement au moment de la signature de l’acte.
Dans un viager, cette somme correspond généralement au bouquet. Dans une vente en nue-propriété ou un viager sans rente, le paiement peut être réalisé entièrement comptant.
Le crédirentier est le vendeur dans une vente en viager. Il perçoit :
Le bouquet
La rente viagère
Il peut conserver :
Un droit d’usage et d’habitation
Ou un usufruit
Le crédirentier reste protégé par les garanties inscrites dans l’acte notarié.
Le crédit vendeur est un mécanisme par lequel le vendeur accepte que le prix soit payé en plusieurs échéances.
En vente à terme, le vendeur agit en quelque sorte comme une “banque” pour l’acquéreur, sans passer par un établissement bancaire.
Le paiement échelonné est alors encadré par l’acte notarié et sécurisé juridiquement.
Le débirentier est l’acquéreur dans une vente en viager.
Il verse :
Le bouquet à la signature
La rente viagère jusqu’au décès du vendeur.
Il devient propriétaire du bien dès la signature, mais ne peut en disposer librement que si le bien est vendu libre ou après extinction du droit d’usage en cas de viager occupé.
Le démembrement de propriété consiste à séparer la pleine propriété d’un bien en deux droits distincts :
L’usufruit
La nue-propriété
Dans une vente en nue-propriété, le vendeur conserve l’usufruit et cède la nue-propriété.
Les DMTO correspondent aux taxes perçues par l’État et les collectivités lors d’une vente immobilière. Ils sont souvent appelés, à tort, “frais de notaire”. Ils représentent la part principale des frais payés lors de l’acquisition d’un bien.
Le droit d’usage et d’habitation permet au vendeur de continuer à vivre dans son logement après la vente. Ce droit est personnel : il ne peut pas être transmis ni loué à un tiers.
Il est plus limité que l’usufruit. En viager occupé, c’est généralement ce droit qui est conservé par le vendeur.
En vente à terme, la durée contractuelle correspond à la période définie pour le paiement des échéances. Contrairement au viager, cette durée est fixée dès la signature et ne dépend pas de l’espérance de vie.
Les émoluments correspondent à la rémunération réglementée du notaire. Ils sont fixés par l’État et calculés selon un barème officiel. Ils font partie des frais communément appelés “frais de notaire”.
Les frais de notaire comprennent :
Les droits de mutation
Les émoluments du notaire
Les frais administratifs
Ils sont généralement à la charge de l’acquéreur.
La libération anticipée intervient lorsque le vendeur décide de quitter son logement avant son décès dans un viager occupé. Dans ce cas, l’acquéreur récupère la jouissance du bien. Une compensation financière, appelée “récompense”, est alors prévue au contrat.
La mensualité correspond au montant versé périodiquement :
Soit dans le cadre d’une rente viagère
Soit dans le cadre d’une vente à terme
Elle peut être indexée selon un indice défini dans l’acte.
Le privilège du vendeur est une garantie inscrite au moment de la vente. Il permet au vendeur d’être prioritaire en cas de revente ou de défaut de paiement. C’est une protection essentielle en viager.
La récompense est la compensation financière versée au vendeur en cas de libération anticipée du bien. Elle tient compte de l’avantage supplémentaire accordé à l’acquéreur du fait de la libération du logement.
Une rente réversible continue d’être versée au profit d’une personne désignée (conjoint, concubin…) après le décès du vendeur initial.
Une rente non réversible s’éteint au décès du crédirentier.
La rente viagère est la somme versée périodiquement au vendeur jusqu’à son décès.
Elle est calculée à partir :
De la valeur du bien
De l’âge du vendeur
Du bouquet
Du barème d’espérance de vie.
Elle peut être indexée pour tenir compte de l’inflation.
La réversibilité permet d’assurer la continuité de la rente au profit d’un bénéficiaire désigné. Elle est définie contractuellement et peut être totale ou partielle.
En viager, la “tête” désigne la personne sur laquelle repose le calcul de la rente.
Un viager peut être :
Sur une tête
Sur deux têtes (couple)
La durée de versement dépend alors du dernier survivant.
L’usufruit est un droit plus étendu que le droit d’usage et d’habitation. Il permet au vendeur :
D’occuper le bien
Ou de le louer et d’en percevoir les loyers
Dans une vente en nue-propriété, le vendeur conserve souvent l’usufruit. À l’extinction de l’usufruit (souvent au décès), l’acquéreur récupère automatiquement la pleine propriété.
La valeur libre correspond à la valeur de marché du bien lorsqu’il est disponible immédiatement. Elle sert de référence pour calculer la décote en cas de viager occupé.
La valeur occupée correspond à la valeur du bien lorsqu’il est vendu avec maintien dans les lieux du vendeur. Elle intègre une décote liée au droit d’usage ou à l’usufruit conservé.
La valeur vénale correspond à la valeur de marché du bien immobilier. Elle est déterminée à partir :
Des transactions comparables
De la localisation
De l’état du bien
Du contexte du marché
Elle sert de base au calcul du bouquet et de la rente.
La vente à terme est une alternative au viager. Le prix est payé selon un échéancier fixé à l’avance, sur une durée déterminée. Contrairement au viager, il n’y a pas d’aléa lié à la durée de vie du vendeur. 👉 En savoir plus
La vente classique est une vente immobilière traditionnelle, dans laquelle le prix est payé en une seule fois lors de la signature de l'acte authentique chez le notaire, généralement au moyen d'un apport personnel et/ou d'un crédit bancaire.
Elle se distingue du viager et de la vente à terme. Le vendeur ne conserve aucun droit d'occupation sur le bien après la vente. 👉 Découvrir nos biens
Le viager à terme est une expression parfois utilisée pour désigner une vente à terme avec occupation. Contrairement au viager traditionnel, la durée de paiement est fixée à l’avance.
Il ne repose pas sur l’aléa. 👉 En savoir plus
Dans un viager libre, le bien est disponible immédiatement. L’acquéreur peut l’occuper ou le louer dès la signature. Le prix est généralement plus élevé que dans un viager occupé, car il n’y a pas de décote liée à l’occupation. 👉 En savoir plus
C'est la forme la plus courante du viager. Le vendeur conserve le droit de vivre dans le logement (droit d'usage et d'habitation). 👉 En savoir plus